À la fin des années soixante-dix, une poignée d’aficionados,
français et espagnols, se retrouvent pour former à Paris
un lieu de partage et de diffusion du flamenco : cette réunion
de passionnés donnera naissance à la première peña
de Paris, Flamenco en France.
Dès ses débuts, l’association
fait venir des artistes de grande qualité. Elle travaille en partenariat
avec des salles parisiennes, dont, notamment, le Carré Silvia Monfort.
À partir
de 1985, l’association a des activités assez régulières
et importantes pour se mettre à la recherche d’un lieu propre
: c’est au cœur du 20e arrondissement, dans un ancien
local industriel, que Flamenco en France se transforme en véritable
petit bout de terre andalouse, où elle développe son activité pédagogique
et l’organisation de concerts.
La reconnaissance des aficionados espagnols
Les années 1980 initient une période productive et riche en émotions flamencas, qui perdure : de multiples concerts sont proposés au public parisien, des émissions et disques sont produits en collaboration avec Radio France, les liens avec les milieux flamencos se resserrent, des partenariats se tissent avec d’autres associations. Sur cette lancée, Flamenco en France se fixe le projet ambitieux de faire sortir d’Espagne l’institution qu’était devenue le Congrès d’Art flamenco, qui, depuis 1969, réunissait chaque année dans une ville d’Andalousie des spécialistes du flamenco : flamencologues, animateurs de peña, artistes et aficionados. Le défi est relevé en 1993 : le XXIe Congrès d’Art flamenco est organisé au cœur de la capitale française et atteste que le flamenco, tout enraciné qu’il est dans un terroir bien spécifique, n’en est pas moins le vecteur d’émotions capables de toucher un public universel. A la suite de ce succès, Flamenco en France installe sa renommée et la qualité de ses activités dans le champ flamenco français et parisien. Riche de la volonté de faire vivre l’âme flamenca, l’association est guidée à cette époque et toujours aujourd’hui par une triple préoccupation : représenter les jeunes talents du flamenco espagnol au public français, resserrer les liens entre les adhérents et le milieu parisien du flamenco, et sensibiliser le public à la pratique de cet art festif, expressif et profond.
Noches flamencas
Depuis 30 ans, Flamenco en France a alterné concerts intimistes à la peña et concerts de plus grande ampleur hors les murs. Pour mémoire, Flamenco en France a fait la réouverture du théâtre Le Trianon avec « Las noches flamencas » en 1992. Ces noches présentaient Javier Barón, Javier Latorre et Juana Amaya. En 93, elle réédite, à l’occasion du congrès d’Art flamenco, avec un festival de Cante, toujours au Trianon. Diego Clavel, Luis El de la Venta, accompagné par Niño Josele, El Torta, El Polaco, Paco Toronjo entre autres sont à l’affiche. En 1995, toujours au Trianon, c’est le danseur El Farruco et toute sa famille qui se produisent lors de deux soirées hors du réel.
Un lieu de création artistique
El Torta est revenu, en 1995, dans notre local, pour
un inoubliable concert. Seuls les chanceux qui avaient trouvé une
place s’en
souviennent. Le tablao de la peña voit se succéder les
grands noms du chant. Luis El de la Venta nous a fait l’amitié de
revenir deux fois, Pepe Alconchel, José Méndez, Dolores Agujetas,
La Tremendita, accompagnée par Mathias Berchardsky, Gema Caballero,
accompagnée par Pedro Barragán, les guitaristes Emilio Maya avec
El Niño Charrico puis avec Raúl Sakay, Antonio Moya avec Mari
Peña et Tomás de Perrate. Cette liste est loin d’être
exhaustive.
Lorsque l'association est trop à l’étroit dans
son local, en particulier pour la danse, elle organise des concerts
dans des
salles parisiennes. Les théâtres Valhubert, aujourd’hui
disparu, et Traversière ont ouvert leurs portes au flamenco pour
des spectacles mémorables : le cantaor El Pele, accompagné par
Manolo Silveria, le danseur El Keko assurant la deuxième partie
; Chano Lobato, Antonio Ruiz assurant la première partie, la chanteuse
Ana Maria Ramón, la pareja María del Mar, Antonio El Pipa,
la danseuse María José Franco et le chanteur Zarzuelita,
le danseur Fran Espinosa, la présentation des lauréats du
concours de La Union, et quels lauréats, puisqu’il s’agissait
du danseur Israel Galván, du chanteur Miguel Poveda et du guitariste
Carlos Piñana.
Ce dernier devait revenir une année plus tard avec son frère
Curro lui aussi lauréat de la Lampa Minera. Autant de soirées
inoubliables.
Des artistes d’ici et de là-bas
Ces
dernières années, c’est le jeune théâtre
de La Reine Blanche (Paris 18e) qui accueille l’association pour
des spectacles de danse qui font la jonction entre l’Andalousie
et Paris. Les artistes sont d’ici et de là-bas, et ont en
commun une exigence de qualité.
Car l’association n’oublie nullement qu’elle est à Paris,
que des talents flamencos ont éclos sur les berges de la Seine
et que certains artistes espagnols ont choisi de vivre à Paris.
Ce qui rend plus vivaces et animés les échanges au sein
de la communauté flamenca. Ces artistes ont toute leur place dans
l’association. Jean-Baptiste Marino, avec La Conchi, Bastián de
Jerez (chant) ou avec son groupe, est un habitué de nos fins de
semaine. Paco El Lobo ou encore Carmen García chantent régulièrement.
Les guitaristes Manuel Delgado, Dimitri Puyalte, les chanteurs
Alberto García, Mencho, les danseuses Alejandra González ou Raquel Gómez
sont des éléments incontournables de notre tablao.
La plupart des concerts fait l’objet d’un enregistrement qui
est versé à la médiathèque de Flamenco en
France, consultable par tous les adhérents. En 2007, l’un
de ces disques a même été édité par
une maison espagnole. C’était l’un des très
rares enregistrements du grand Diego Rubichi, mort la même année.
Des éléments d’un autre concert parisien sont en passe
d’être édité : celui de Niño Charrico,
un jeune chanteur très prometteur, disparu avant d’avoir
pu enregistrer son premier disque.
Flamenco en France a également développé des partenariats,
avec de grands événements flamencos : Festival Larachi de
la Maison des cultures du monde, Festival de l'Imaginaire, Festival flamenco
de Paris, Les rencontres chorégraphiques de Seine-Saint-Denis...
Les choix de Flamenco en France vont vers l’authenticité,
loin des phénomènes de mode, la qualité et la simplicité,
rappelant que l’essence même du flamenco est le chant, même
si la guitare et la danse ont une place incontestable et de plus en plus
prépondérante.
Accueil | Lettre d'information | Crédits | © Flamenco
en France ![]()