Flamenco en France

Flamenco en France

La peña flamenca de Paris depuis 1979

Une histoire flamenca à Paris

À la fin des années soixante-dix, une poignée d’aficionados, français et espagnols, se retrouvent pour former à Paris un lieu de partage et de diffusion du flamenco : cette réunion de passionnés donnera naissance à la première peña de Paris, Flamenco en France.
Dès ses débuts, l’association fait venir des artistes de grande qualité. Elle travaille en partenariat avec des salles parisiennes, dont, notamment, le Carré Silvia Monfort.
À partir de 1985, l’association a des activités assez régulières et importantes pour se mettre à la recherche d’un lieu propre : c’est au cœur du 20e arrondissement, dans un ancien local industriel, que Flamenco en France se transforme en véritable petit bout de terre andalouse, où elle développe son activité pédagogique et l’organisation de concerts.

La reconnaissance des aficionados espagnols

Les années 1980 initient une période productive et riche en émotions flamencas, qui perdure : de multiples concerts sont proposés au public parisien, des émissions et disques sont produits en collaboration avec Radio France, les liens avec les milieux flamencos se resserrent, des partenariats se tissent avec d’autres associations. Sur cette lancée, Flamenco en France se fixe le projet ambitieux de faire sortir d’Espagne l’institution qu’était devenue le Congrès d’Art flamenco, qui, depuis 1969, réunissait chaque année dans une ville d’Andalousie des spécialistes du flamenco : flamencologues, animateurs de peña, artistes et aficionados. Le défi est relevé en 1993 : le XXIe Congrès d’Art flamenco est organisé au cœur de la capitale française et atteste que le flamenco, tout enraciné qu’il est dans un terroir bien spécifique, n’en est pas moins le vecteur d’émotions capables de toucher un public universel. A la suite de ce succès, Flamenco en France installe sa renommée et la qualité de ses activités dans le champ flamenco français et parisien. Riche de la volonté de faire vivre l’âme flamenca, l’association est guidée à cette époque et toujours aujourd’hui par une triple préoccupation : représenter les jeunes talents du flamenco espagnol au public français, resserrer les liens entre les adhérents et le milieu parisien du flamenco, et sensibiliser le public à la pratique de cet art festif, expressif et profond.

Noches flamencas

Depuis 30 ans, Flamenco en France a alterné concerts intimistes à la peña et concerts de plus grande ampleur hors les murs. Pour mémoire, Flamenco en France a fait la réouverture du théâtre Le Trianon avec « Las noches flamencas » en 1992. Ces noches présentaient Javier Barón, Javier Latorre et Juana Amaya. En 93, elle réédite, à l’occasion du congrès d’Art flamenco, avec un festival de Cante, toujours au Trianon. Diego Clavel, Luis El de la Venta, accompagné par Niño Josele, El Torta, El Polaco, Paco Toronjo entre autres sont à l’affiche. En 1995, toujours au Trianon, c’est le danseur El Farruco et toute sa famille qui se produisent lors de deux soirées hors du réel.

Un lieu de création artistique

El Torta est revenu, en 1995, dans notre local, pour un inoubliable concert. Seuls les chanceux qui avaient trouvé une place s’en souviennent. Le tablao de la peña voit se succéder les grands noms du chant. Luis El de la Venta nous a fait l’amitié de revenir deux fois, Pepe Alconchel, José Méndez, Dolores Agujetas, La Tremendita, accompagnée par Mathias Berchardsky, Gema Caballero, accompagnée par Pedro Barragán, les guitaristes Emilio Maya avec El Niño Charrico puis avec Raúl Sakay, Antonio Moya avec Mari Peña et Tomás de Perrate. Cette liste est loin d’être exhaustive.
Lorsque l'association est trop à l’étroit dans son local, en particulier pour la danse, elle organise des concerts dans des salles parisiennes. Les théâtres Valhubert, aujourd’hui disparu, et Traversière ont ouvert leurs portes au flamenco pour des spectacles mémorables : le cantaor El Pele, accompagné par Manolo Silveria, le danseur El Keko assurant la deuxième partie ; Chano Lobato, Antonio Ruiz assurant la première partie, la chanteuse Ana Maria Ramón, la pareja María del Mar, Antonio El Pipa, la danseuse María José Franco et le chanteur Zarzuelita, le danseur Fran Espinosa, la présentation des lauréats du concours de La Union, et quels lauréats, puisqu’il s’agissait du danseur Israel Galván, du chanteur Miguel Poveda et du guitariste Carlos Piñana. Ce dernier devait revenir une année plus tard avec son frère Curro lui aussi lauréat de la Lampa Minera. Autant de soirées inoubliables.

Des artistes d’ici et de là-bas

Ces dernières années, c’est le jeune théâtre de La Reine Blanche (Paris 18e) qui accueille l’association pour des spectacles de danse qui font la jonction entre l’Andalousie et Paris. Les artistes sont d’ici et de là-bas, et ont en commun une exigence de qualité.
Car l’association n’oublie nullement qu’elle est à Paris, que des talents flamencos ont éclos sur les berges de la Seine et que certains artistes espagnols ont choisi de vivre à Paris. Ce qui rend plus vivaces et animés les échanges au sein de la communauté flamenca. Ces artistes ont toute leur place dans l’association. Jean-Baptiste Marino, avec La Conchi, Bastián de Jerez (chant) ou avec son groupe, est un habitué de nos fins de semaine. Paco El Lobo ou encore Carmen García chantent régulièrement. Les guitaristes Manuel Delgado, Dimitri Puyalte, les chanteurs Alberto García, Mencho, les danseuses Alejandra González ou Raquel Gómez sont des éléments incontournables de notre tablao.
La plupart des concerts fait l’objet d’un enregistrement qui est versé à la médiathèque de Flamenco en France, consultable par tous les adhérents. En 2007, l’un de ces disques a même été édité par une maison espagnole. C’était l’un des très rares enregistrements du grand Diego Rubichi, mort la même année. Des éléments d’un autre concert parisien sont en passe d’être édité : celui de Niño Charrico, un jeune chanteur très prometteur, disparu avant d’avoir pu enregistrer son premier disque.
Flamenco en France a également développé des partenariats, avec de grands événements flamencos : Festival Larachi de la Maison des cultures du monde, Festival de l'Imaginaire, Festival flamenco de Paris, Les rencontres chorégraphiques de Seine-Saint-Denis...
Les choix de Flamenco en France vont vers l’authenticité, loin des phénomènes de mode, la qualité et la simplicité, rappelant que l’essence même du flamenco est le chant, même si la guitare et la danse ont une place incontestable et de plus en plus prépondérante.